Colis de bœuf par 10 ou 6 kg (pour avril 2026)
Cabris, c’est une fois dans l’année. A réservé maintenant pour fin avril.
Notre ferme a des troupeaux laitiers, chèvres et vaches. Pour avoir du lait les femelles font un petit par an environ, c’est ce qui démarre la lactation.
Nous avons donc une production de viande que nous choisissons de valoriser sur la ferme. Ce n’est pas la majorité de l’organisation des fermes, garder les petits fait du travail en plus et diminue la production de fromage (car une partie du lait sert à les nourrir au début de leur vie).
Après l’épisode de la dernière maladie sur les vaches, on se dit que notre façon de fonctionner n’est pas si absurde, nous assumons les vies nées sur la ferme et limitons ainsi les déplacements. Relocalisant la consommation, évitant les déplacements.
Mais depuis 10 ans la vente de viande n’est plus si aisée. Je pense qu’il y a cette conscience du besoin de limiter la consommation de viande pour l’environnement, il y a les prix qui augmentent. Et … il y a cette impression de respecter les animaux si on ne les mange pas. Je remets cette dernière impression au débat !
Pour nous, envoyer une bête à l’abattoir en sachant qu’il y a assez de clients à s’être engagés pour s’en nourrir, nous permet d’être plus serein sur ce choix de nourrir en tuant nos animaux. Au moins ce n’est pas pour rien, c’est pour s’en nourrir, pour faire du fromage, c’est notre façon de vivre.
On me demande souvent, et de plus en plus, comment je fais pour manger les animaux que j’ai vu. Je réponds que c’est plus dure de manger des animaux que nous n’avons pas vu, là on connait leur vie, elles sont entremêlées à la notre, et sans cette consommation de viande notre ferme ne fonctionne plus. Sans cette consommation de viande, nous ne pourrions plus élever ces animaux. Il n’y aurait plus de mise à mort, mais pas de vie non plus.
C’est assumer ces morts comme source de notre vie, c’est chaque fois renforcer cet amour et ce mystère d’être en vie, cette conscience que ce n’est que pour un temps pour nous aussi. C’est assumer que la mort fasse partie de la vie et que la mort est le contraire de naissance et pas de vie. Naissance et mort sont la vie. Bien sûr, j’entends que moi j’ai le choix et que j’impose mon choix à mes animaux.
Oui.
Et j’espère que nous serons de plus en plus nombreuses et nombreux à assumer cette contradiction, à se la réapproprier, pour que l’élevage paysan perdure. Cet élevage qui a un rapport au temps, à la mort, au lien avec les animaux si unique.
J’ai espoir : cette semaine, on travaille sur la ferme à 8 personnes dont 6 espèrent avoir un troupeau sur leur propre ferme un jour. La nécessité d’être nombreux, d’apprendre à vivre ensemble autour de ces élevages est si beau !
Vous pouvez venir faire des bains de cabris pendant le marché du vendredi de 16 à 19h, et de ce bonheur vous nourrir, par ces caresses et par leur viande dans quelques mois.
Je vous souhaite plein de paradoxes vivants dans vos vies.
Au plaisir de vous accueillir à la ferme
Rachel
